Voilà, j'aimerais un avis plus que sincère sur ce début de mon roman, n'hésitez pas à me dire la vérité, hein?
« L'homme est capable du meilleur comme du pire, mais c'est vraiment dans le pire qu'il est le meilleur » Corbin
"Imaginez une échelle de dangerosité graduée de 0 à 10. Le 10 représente une femme un jour de soldes ou un terroriste armé jusqu’aux dents dans une fête foraine. Le 0, lui, représente Po des Teletubbies. Ou non, plutôt Laa-Laa (des raisons capillaires me poussant à placer Po au barreau 1/10).
Enfin bref, sur cette échelle donc, vous placeriez où le fameux fou-furieux-avec-un-pistolet-chargé-à-ras-bord-entre-les-mains ? Pistolet soit dit en passant, qui pointe directement sur votre crâne ? Voilà la question que je me suis posée à cet instant. Peut-être était-ce dû au fait qu’il y’avait devant moi un fou furieux avec un pistolet rempli à ras bord entre les mains et que ce pistolet pointait sur mon crâne. Ca peut jouer aussi….
Quoi qu’il en soit, vous le placeriez au-dessus ou en-dessous du flic désemparé qui ne sait pas quoi faire avec pour seule arme un petit pistolet pourri même pas chargé ?
Non d’accord, je préfère que vous ne répondiez pas… (D’une part parce que je crois connaitre la réponse et d’autre part, parce que si vous répondez aux livres, il est temps de consulter.)
Vous l’aurez deviné, le flic désemparé, c’est moi et mon don d’analyse extrêmement poussé que m’avait fourni la nature m’a permis d’arriver à la conclusion suivante : Merde Roger, dans quel merdier tu t’es encore fourré ? Non pas que je m’appelle Roger mais parce que ça rime mieux que Marc Hurot.
Et nous deux, on était là, comme des idiots, sur une falaise, bretonne (Rocher de la Pie pour les connaisseurs). L’herbe, sous la force du vent, semblait vouloir quitter le sol pour s’arracher de cet horrible spectacle. J’avoue que je l’aurais bien suivi. Dix mètres plus loin, c’était la côte, le pic, la mort. Mais derrière-moi, il devait y’avoir un village. Avec des gens, en train d’acheter leur pain, de discuter avec des amis, de serrer leurs enfants dans leurs bras. J’aurais tellement aimé être à leur place, bien qu’ils ne devaient pas ignorer ce qui se passait là bas, un kilomètre plus loin vers les falaises. Il faut dire que les policiers ne sont pas trop discrets non plus quand il s’agit d’intervention.
Il y’avait actuellement trois voitures tirées de vos impôts qui nous encerclaient tous les deux. Derrière chacune, trois ou quatre flics, très sérieux, visaient mon futur assassin qui pouvait se flatter de tant d’attention. La scène était fixe, arrêtée. La notion du temps, je dois l’avouer, m’avait abandonnée. Peut-être étions-nous là depuis cinq minutes ou cinq heures, immobiles, à s’entreviser les uns les autres avec nos flingues. Pourquoi ne pas tous s’arrêter et aller boire un chocolat chaud ? C’est vrai quoi, en toute honnêteté, ça me plairait autant à moi. Mais je ne pense pas que c’était dans ses plans, à lui, celui qui allait me tirer dessus.
Lui, il était dégoulinant de sueur et un ruisseau rouge rejoignait le haut de son crâne et ses lèvres. Un ruisselet, rassurez-vous. Ses cheveux en bataille, ses yeux gris, son torse à moitié nu à cause du déboutonnage entamé de sa chemise, tout chez lui aurait fait fantasmer des ados survitaminées.
Mais moi pas. Et puis il allait me tuer, merde !
« T’as peur canard, hein t’as peur ? »
(Oui, j’ai pris soin de changer quelques mots au cas où un enfant lirait ce livre…)
Ca faisait trois fois qu’il le répétait, en boucle, toutes les vingt secondes. Ca aurait pu devenir vexant à la longue si j’avais compris l’intérêt de cette phrase. A condition qu’il y’en ai un, d’intérêt. Peut-être que si je répondais « oui », un panneau serait descendu du ciel avec, en gros caractères :
« CAMERA CACHEE ! HEIN QU’ON T’A BIEN EU ? »
Et les confettis, le champagne et tout ce dont le monde avait besoin pour être content. Et le chocolat chaud.
Alors j’ai tenté de répondre par l’affirmative, j’ai attendu, attendu, mais pas de caméra cachée cette fois-ci. Soudainement, dans un élan de fureur et sans n’en avertir personne, il déchira sa chemise vers l’extérieur. Mes copains flics ont surement hésité à tirer devant l’acte d’une rapidité troublante mais ne l’ont pas fait. La pression que j’aurais eue à leur place. Remarquez, j’en ai encore plus à la mienne. Je vis alors, sur sa peau collante et marquée par son trop plein de muscles, ce que je ne voulais surtout pas voir à ce moment. Vingt ans plus tard, autour d’un chocolat chaud avec des amis, ok ! Mais pas là, pas maintenant. Et puis pas sur lui, surtout.
Tout devint logique, trop logique à mon gout :
« Alors, il a compris Sherlock Holmes ? »
En effet, je compris.
Pour réponse, il ria.
En retour, je pâlis.
Au final, il tira.
Mais ça ne sert à rien que je vous raconte la fin si vous ne connaissez pas le début, non ?
Alors tout commença en réalité six mois plus tôt…"
Merci tout le monde
