Une parade d’illustre mensonge.
1.
Assise sur les marches qui menait à la gare, elle attendait de savoir ce qu’il allait lui dire. Il la regarda, avec attention, ne trouvant pas les mots. Plus le temps passait, plus elle perdait patiente, elle commençait à s’agiter.
- Bon tu vas me dire maintenant ?
Rien à faire, il n’y arrivait pas. Elle se demandait, qu’est-ce qu’il l’attendait de cette entrevue avec lui, elle ne le savait pas. Plus elle se demandait cela, plus elle paniquait, stressait et s’énervait. Puis il se décida.
- Il y’a des choses que je veux, et des choses que je ne veux pas. Lui annonça-t-il d’une voix pleine d’inquiétude à l’idée de se demander comment elle réagirait.
2.
Un an plutôt.
Vêtue juste d’un pantalon noir en jeans, d’un t-shirt avec un visage de femme dessus, et de converse, Emeline se rendait chez elle. Par ce temps pluvieux, elle n’avait qu’une idée, quitter cette maudite ville qui ne ressemblait à rien, tout quitter, les parents, les amis… Elle se sentait plus abandonné que jamais, ne ressentant plus aucun sentiment pour personne, juste une haine. Une haine, qui pourrait bien la transformer, en quelqu’un qu’elle ne voulait pas. Encore quelques pas et elle serait enfin chez elle. Chez elle, mais qu’est-ce que cela signifiait pour elle ? Elle ne serait jamais chez elle, le chez elle qu’elle s’imaginait. Son imagination lui avait montré qu’elle aurait une belle villa en Espagne, avec ces enfants qui vagabonderaient par tout. Et pourtant malgré son imagination, rien d’autre n’existait que sa propre détresse. Plus que deux pas, un, et voilà elle était arrivée à son domicile, une maison à la façade rouge, munie d’une porte blanche. Elle aurait préféré partir en courant que de devoir affronter le regard interrogateur de sa mère quand elle ouvrirait la porte, elle allait encore lui demandé « comment a été ta formation ? » elle répondrait que tout avait bien été et qu’elle n’avait pas de travail à faire. Après ça, elle montrait dans sa chambre s’enfermer, comme chaque jour. Pourtant, elle avait ouvert la porte, et avait regardé sa mère avec cet air si désolé qu’elle n’ait pas pris la peine de répondre à ces questions, elle était montée directement dans sa chambre. Son refuge, là ou plus rien ne peut l’atteindre. Ou personne ne peut lui faire du mal. Elle s’allonge sur son lit, comme épuisé, mais ce n’est pas le cas, il se trouve qu’elle est juste déprimée. Déprimée de devoir subir le regard des autres, d’essayer de se reconstruire. Et voilà, qu’elle craque en plus, ne peut-elle pas passer un jour sans pleurer ? C’est trop demander ? Un quotidien, noué de pleures ne doit pas existé vu la douleur que ça lui apporte, elle aimerait que cette spirale s’arrête enfin. Qu’elle puisse être heureuse, qu’elle puisse se sentir bien avec les autres mais au lieu de ça qu’est-ce qu’elle a ? Des heures à se remémorer le passé, et tout ce qu’elle a pu détruire. Allongé la, elle regarde sa chambre aux murs mauve, son lit qui peut se fermer et faire divan, sa télévision qui ne lui sert pas à grand-chose, et surtout ces photos accrochées par milliers à son mur. Lui rappelant combien c’est bien d’être un enfant, surtout quand on n’as pas à s’occuper des problèmes « comme les grandes personnes », qu’on peut rire sans être triste au fond de soi. Maigre consolation pour elle qui est déjà si malheureuse.