Sur scène, elle boit comme un trou, hurle dans son micro, lance des chaises sur le public, montre ses seins. Lui danse comme un autiste. Sexy Sushi, duo electro français, c’est cul et cru, comme son nom l’indique. Rencontre et écoute intégrale.Ils retracent ensemble l’histoire du duo : “Un copain à nous organisait une soirée sur un bateau. Il avait besoin d’un groupe, on a trouvé ce nom à la con et on l’a gardé. On se prenait pour des crevettes ce jour-là, je ne sais plus pourquoi. On n’avait même pas pris de drogues. La durée de vie du projet au départ, c’était une soirée. Puis on s’est mis à jouer dans les PMU les plus pourris de Nantes parce que ça nous amusait beaucoup, cette blague de crevettes. Ça fait huit ans que ça dure. Sexy Sushi, c’est une succession d’accidents. Pour notre premier concert, on était allé acheter des perruques et des accessoires dans un magasin de farces et attrapes. Nous sommes encore sur cette esthétique, sur cette énergie”, explique Mitch Silver, la voix lente et l’oeil un peu torve.
Au départ, le projet est né dans son cerveau malade : “Je voulais faire comme Miss Kittin & The Hacker, une sorte de duo electro. Je cherchais n’importe quelle chanteuse”, dit-il avec un certain sens de la goujaterie qui amuse beaucoup son acolyte occupée à remettre sa perruque. Mitch Silver tombe alors sur Rebeka Warrior, double maléfique de Julia Lanoë, l’un des deux membres du duo folk nantais Mansfield.TYA, nettement plus sombre, sobre et appliqué que Sexy Sushi. Elle a envie de chanter et de bouger son corps comprimé par de longues études aux beauxarts de Nantes.
Pour elle, Sexy Sushi est une aubaine : “J’étais fascinée par toutes sortes de performances un peu extrêmes, l’actionnisme viennois en tête.” Mitch a trouvé sa chanteuse, Rebeka son plan cascade. Pourtant, ils ne travaillent que très peu ensemble. Mitch écrit de son côté. “Je passe pas mal de temps chez moi, je suis fasciné par la musique bouclée.” – Alain Souchon ? Julien Clerc ? – Non plutôt des trucs comme Laurent Garnier, la musique issue des raves. C’est mon truc, la musique qui tourne sur elle-même. Je n’ai pas de tabou dans le domaine. Je peux aussi écouter de la makina, des trucs assez extrêmes, blindés de BPM. Une fois j’ai été à Valence pour en écouter dans les clubs de la ville. Je suis entré en boîte le jeudi soir pour en ressortir le lundi matin. J’aime la sensation physique que peut produire ce genre de musique”, explique Mitch, les yeux pleins d’étincelles. [...]
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