de Fukurokuju » Jeu 22 Juil 2010 23:07
Celui qui croit intensément en Dieu accepte de mourir pour lui (en défendant ses idées religieuses) : refus de conversion forcée menant à la mort, volonté de défendre sa communauté religieuse contre un danger (croisade, guerre sainte...). Mourir n'est pas sans susciter chez le croyant de grands inquiétudes, mais il est très fier de "finir" pour celui qu'il adore. Ce n'est pas sans poser de problèmes : certains groupes terroristes se servent de la faiblesse des jeunes croyants illettrés dans leur projet criminel.
Dans notre société, la liberté d'expression nous rend abstraite cette idée de "mourir pour ses idées". Mais les histoires d'hommes et de femmes qui, ailleurs ou dans notre Histoire, ont risqué gravement leur vie ou l'ont perdue pour leurs idéaux nous font fantasmer.
C'est plaisant de se dire "oui, j'en suis capable", mais qu'en sait-on réellement ? Refuserais-je cette valise pleine de billets pour l'amour de ma liberté d'expression ? Refuserais-je de donner des informations alors qu'un flingue chargé est posé sur ma tempe ? Je ne sais pas, j'espère, mais je ne peux l'affirme.
Je ne peux l'affirmer sans doute parce que mes valeurs n'ont jamais été mises rudement à l'épreuve dans mon quotidien. Je n'ai pas à choisir, comme ailleurs, entre subir l'oppression ou me révolter. En démocratie, j'ai mon espace à moi, et je cultive mon jardin dans un état de droit plutôt solide. Si mon jardin est saccagé, vais-je me retrancher dans mon habitat de peur d'être maltraité ou vais-je prendre ma pelle ou mon râteau pour gueuler, frapper ces voyous armés jusqu'aux dents ?
Il y a dans tout cela une notion sous-jacente, celle de l'engagement qui constitue une composante essentielle de l'individu. Celui qui est en harmonie avec ce qu'il est vraiment est sûr de sa nature, de ses engagements, et il s'investit jusqu'à en perdre des plumes. Mais les combats des Grandes Causes sont menés par un nombre restreint de Grands Hommes dont le charisme fédère.
En amour, il y a une belle phrase qui dit qu'il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Je crois que cela s'applique aussi au sujet de la "volonté" : il n'y a pas d'engagement, il n'y a que des preuves d'engagements. Quant à mourir pour ses idées ? Au delà des fantasmes que cela peut susciter, comment l'homme engagé peut-il entretenir sa motivation par l'idée de sa mort ? La fierté de la postérité serait-il plus forte que l'égoïsme positif d'achever le combat "avant la mort" ?
Je suis long et sans doute confus. Mes excuses à ceux qui ont pris le temps de me lire.
Les poussières qui s'amassent forment les montagnes.