par Dictateur » Lun 2 Jan 2012 22:44
Voici des arguments très concrets qui démontent de A à Z le Front National, ( rédiger par le Front de Gauche, le parti que je soutiens ). Ça s'adresse en priorité à patriote51 mais à tout ceux qui seraient tenté par ce parti ou ses idées, je ne fais pas de la propagande pour mon parti, mais je souhaite juste éclairer certaines personnes ( désolé pour la longueur ) :
Marine le pen : une extrême droite bien réelle
L’opération est menée depuis plusieurs années, sortir le FN
de son isolement en lui donnant un visage plus acceptable
pour un maximum d’électeurs. Si du point de vue de l’image
le passage du père à la fille favorise totalement cette évolution,
sur le plan des idées l’enrobage de circonstance ne
modifie pas le fond. Pourtant, Marine Le Pen ne ménage
pas ses efforts, avec la multiplication des références à la
liberté (80 fois dans le discours du 1er mai), au peuple
(50 fois dans celui du 19 novembre), la tournure sociale
de ses discours, sans parler de la crise. Une reprise pure
et simple d’analyse et de constats que nous pouvons
faire ! Mais cette tentation de coller sur des thématiques
sociales ne doit pas faire illusion, le fond de commerce
et les motivations profondes du FN restent les mêmes,
ce sont celles de l’extrême droite.
Le FN dans sa version Marine, joue toujours sur les
mêmes ressorts, la peur, la stigmatisation de l’autre, de
l’étranger, pour capter un électorat bousculé par la
crise. Un électorat qui a peur du déclassement social,
de la précarisation et qui veut trouver un responsable
à cela.
Jouant sur toutes les ambiguïtés, Marine Le Pen n’hésite
pas dans ses interventions à dénoncer les spéculateurs
et les marchés financiers. Mais elle se garde bien dans
son programme de s’attaquer à ces derniers. Bien au
contraire, en jouant sur la division entre les opprimés,
en dénonçant les syndicats, Marine Le Pen fait le jeu d’un
patronat qui n’a de cesse de vouloir rogner les droits
des salariés.
Cet argumentaire met en évidence la filiation historique
du Front national qui se retrouve dans ses thèmes de prédilection
et qui structure son électorat. Il y a l’immigration,
le combat contre les syndicats ouvriers, son positionnement
économique libéral, sa conception de la place de la
femme dans la société ou bien encore la sécurité. Sur l’ensemble
des thématiques qu’elle peut aborder dans la présentation
de son programme, Marine Le Pen se contente de
décliner la « priorité nationale ».
Une histoire en mouvement
L’émergence d’une droite conservatrice dure, violente et antisémite
connaît ses premières manifestations dans la France de la IIIe République.
Après la défaite de 1871, un courant revanchard apparaît
qui se nourrit d’antiparlementarisme et d’antisémitisme. Il se manifestera
fortement lors de l’affaire Dreyfus, avec l’Action française.
Toutefois, aucun grand mouvement n’émerge, on a plutôt
une multitude de groupuscules nationalistes, antisémites et antibolchéviques.
Le 6 février 1934, ces mouvements manifestent
place de la Concorde, menaçant pour un soir la République.
Cependant, l’extrême droite est unie pour apporter son soutien
à Petain, qui met en oeuvre la Révolution nationale, un régime
corporatiste, ultra-conservateur qui collabore avec les
nazis avant de s’écrouler en 1944.
La découverte de l’horreur des camps de concentration jette
durablement l’opprobre sur l’extrême droite. La Guerre
d’Algérie est l’occasion de sa résurgence avec l’OAS, organisation
terroriste qui agit en Algérie et en France. Dans les
années 60, si l’activisme violent se poursuit (Occident, Ordre
nouveau, GUD…), on a la première tentative de légitimation
par les urnes avec la candidature à la présidentielle de 1965
de Tixier-Vignancour, dont le bras droit est Le Pen.
En 1972, des mouvements s’unissent pour fonder le Front
national dont la présidence est confiée à Le Pen. En 1983,
son bras droit est élu aux municipales de Dreux grâce au
soutien de la droite. En 1986, le FN obtient une trentaine
de députés. Le FN s’enracine dans le paysage politique. En
1995, Le Pen obtient près de 15 % à la présidentielle, 4 villes
tombent aux mains du FN, dont Toulon.
Le Pen parvient à fédérer durablement autour de lui toutes
les traditions de l’extrême droite française (intégristes catholiques,
identitaires…). Il alterne dérapages verbaux et victimisation.
Il théorise le concept de préférence nationale dans
lequel il va justifier toute l’idéologie lepéniste.
Mobilisés par les discours de la droite sur l’insécurité, perplexes
quant à l’avenir, 16 % des électeurs ont porté Le Pen
en deuxième position lors de l’élection présidentielle le 21 avril
2002.
La frontière entre le FN et l’UMP devient de plus en plus poreuse.
Nicolas Sarkozy voulait nettoyer les banlieues au kärcher
et n’hésite pas à faire le lien entre immigration et délinquance.
Désormais, la perspective d’une alliance à droite entre un FN « relooké
» par Marine Le Pen et une UMP de plus en plus guidée par
les thèses populistes est en chantier.
immigration et priorité nationale
La priorité nationale est le principe que le FN souhaite mettre en
oeuvre pour résoudre (presque) tous les problèmes. Toute cette
théorie tient presque entièrement dans l’équation : immigration =
chômage + insécurité et maintenant déficits. En cessant de donner
du travail aux immigrés, il y en aurait davantage pour les Français
auxquels devraient être réservés prioritairement la plupart des
programmes sociaux (allocations, couverture santé, logement...).
En raison de la courbe des âges et du taux de natalité, la population
décroîtrait sans l’immigration. Il y a une entrée par an
pour 650 habitants… Nous sommes très loin de « l’invasion
massive » que Le Pen agite dans chaque discours. L’immigration
zéro est donc un objectif stupide. La suppression du regroupement
familial, c’est empêcher des enfants de retrouver
leurs parents. On notera à ce propos que 61 % des entrées
au titre du regroupement familial concernent en réalité des
familles de Français.
De plus, l’immigration n’est pas un coût pour la France. Si,
en 2009, les immigrés ont reçu 48 milliards de l’État, ils lui
en ont rapporté 60 en impôts et cotisations sociales, soit
un solde positif de 12 milliards.
Le FN dit en permanence que les immigrés seraient difficiles
à intégrer. Or, toutes les études sociologiques montrent le
contraire. Ainsi, les immigrés d’origine sub-saharienne s’intègrent
aussi bien que les Italiens dans les années 1930.
Autre idée reçue : les immigrés créeraient du chômage.
C’est ignorer qu’ils sont aussi des consommateurs et qu’ils
contribuent ainsi à créer des emplois. On observe également
que le taux de chômage est inférieur dans les pays à forte
proportion d’étrangers (USA, Suisse) que dans ceux où l’immigration
est faible (Italie).
La politique du FN n’est pas que discriminatoire, mais aussi
dangereuse, lorsqu’elle attise des peurs infondées. Le FN souhaite
même supprimer l’aide médicale d’État. Les sans-papiers
ne pourraient plus se soigner. C’est humainement inacceptable,
mais aussi redoutable en matière de santé publique. En
plus de discriminer, le FN n’hésite pas à propager des idées
fausses comme, par exemple, affirmer que les immigrés seraient
à l’origine de l’épidémie de sida en France…
Marine Le Pen se pose en chantre de la laïcité, mais cache mal
son anti-islamisme viscéral, qu’elle exprime à tout propos. Elle demeure,
en revanche, bien silencieuse en ce qui concerne les coups
de force des militants catholiques intégristes (perturbation de
pièces de théâtre, rassemblements anti-avortement…).
un programme économique ultra-libéral
maiS flou
Le FN fustige la mondialisation mais ne propose aucune alternative
si ce n’est la fermeture des frontières, fidèle à son credo
d’une France refermée sur elle-même. Aucune politique de coopération
ou de solidarité. Afin de relancer l’industrie française,
Marine Le Pen ne propose rien de moins que de faire
appel à des bénévoles parmi les chômeurs. La prospérité
des entreprises ne serait garantie que par des
baisses d’impôts et de charges, bref par un dumping
fiscal et social dont les salariés seront les premières
victimes.
En ce qui concerne la dette publique, Marine Le Pen dénonce
la fraude sociale et les immigrés. En revanche, rien sur
les entreprises responsables de 80 % de la fraude sociale. Rien
non plus sur les 30 milliards annuels d’exonération de cotisations
accordés au patronat. Les patrons ne sont pas plus mis à
contribution pour améliorer le pouvoir d’achat : jamais le FN
ne mentionne l’augmentation des salaires ou du smic.
En prônant la sortie de l’euro, le
FN refuse d’en faire un outil de
coopération dans l’UE. Le retour
au franc s’accompagnerait d’une
politique de dumping monétaire.
Ce que Marine Le Pen ne dit
pas, c’est que la dévaluation qui
suivrait aurait pour effet de faire
exploser la dette et s’accompagnerait
d’une forte inflation et
d’une spéculation contre le
franc. Les salariés et leurs familles
en seraient les premières
victimes..
le fn adverSaire du SyndicaliSme
Le Front national souhaite supprimer les syndicats ouvriers et
restaurer un système corporatiste tel qu’il a été mis en oeuvre
par Pétain dans la Charte du travail. Salariés et patrons auraient
comme intérêt commun le bon fonctionnement des entreprises.
Ainsi tout le monde serait satisfait ! Il n’y aurait plus de place
pour les syndicats et l’État n’aurait plus de rôle de régulation,
les marchés s’en chargeraient…
Le FN ne montre aucune solidarité avec les salariés. Ainsi, ses
élus n’ont jamais apporté leur soutien aux Fralib ni voté la solidarité
du Conseil régional de PACA, pourtant approuvée du
Front de gauche à l’UMP, au prétexte que le débat aurait été
manipulé par la CGT.
Marine Le Pen cherche à capter le mécontentement social mais
ne propose rien. Elle a des positions ultra-libérales,
elle ne réclame aucun droit pour les salariés, aucune
revalorisation des retraites… Aucun salarié,
aucun retraité n’a intérêt à voter pour le FN
dont la première fonction est de diviser et de
diriger la colère contre les autres, collègues, voisins…
surtout lorsqu’ils sont étrangers ou fonctionnaires.
En ce qui concerne le combat contre la réforme des retraites,
Marine Le Pen a déclaré : « Voilà deux semaines que la France s’installe
dans le chaos, entre grève, manifestations et blocus… la tolérance
zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers ».
quelqueS pointS du programme du fn
J comme justice et sécurité
La politique du Front national, en matière de maintien de l’ordre
public et de justice est exclusivement répressive et n’aborde ni la
prévention, ni la réinsertion. Faisant le lien avec ses orientations
en matière d’immigration, le programme du FN prévoit le rétablissement
de la double peine. Par ailleurs, Marine Le Pen est
partisane du rétablissement de la peine de mort.
Plus aucune aide sociale ne serait versée aux récidivistes délinquants
ou aux criminels justiciables d’une peine d’un an ou
plus. Ils ne pourraient plus prétendre à l’obtention d’un logement
social. Ces mesures scandaleuses sont une autre forme
de double peine qui ne s’appliquerait plus seulement aux justiciables,
mais également à leurs familles. Conjoint-e-s et enfants
seraient également condamné-e-s. C’est complètement
injuste et aggraverait la situation de familles déjà en grande
difficulté.
Pour le Front de gauche, la lutte pour la sécurité
doit s’appuyer sur la prévention, la dissuasion et la sanction.
Les dispositifs de loi anti-jeunes qui pénalisent les familles
seront abrogés. La baisse des effectifs dans la police et la justice
sera stoppée et des recrutements engagés. Un vaste
plan d’humanisation de l’univers carcéral sera mis en oeuvre.
l comme logement
Le programme présidentiel de Marine Le Pen indique que
les logement sociaux devraient être très prioritairement réservés
aux Français. Par ailleurs, la loi SRU devrait être révisée
: l’objectif ne serait pas de construire davantage de
logement sociaux mais d’attribuer les logements selon les
critères du FN. Nulle part dans ce programme n’est mentionnée
la question de la hausse des loyers.
Les propositions du Front de gauche sont tout autres.
Un plan d’urgence de construction de 200 000 logements sociaux
par an et pendant 5 ans. Les loyers seront bloqués.
r comme retraites
Pour financer le système de retraites, Marine Le Pen compte
sur le retour du plein emploi et une « politique nataliste volonta -
riste, plutôt qu’une immigration coûteuse. La solidarité entre les générations
suppose de nouvelles générations nombreuses qui feront la
force de la France ». Elle ne souhaite pas l’abrogation des réformes
successives du système de retraites.
De son côté, le Front de gauche est pour le retour
au droit à la retraite à 60 ans, à taux plein, avec 37 ans et demi
de cotisations. Le financement sera assuré notamment par une cotisation
nouvelle sur les revenus financiers des entreprises.
S comme santé
Hormis des propos creux, le programme de Marine Le Pen en matière
de santé s’attarde longuement sur la priorité qui doit être
donnée aux Français en s’attaquant à la protection des immigrés
(délai de carence d’un an, suppression de l’aide médicale d’État).
La lutte contre la fraude sera également une priorité. On note
toutefois que si le FN parle de la fraude par les usagers,
d’usurpation de droits par des immigrés en situation irrégulière
– ce qui est impossible dans la réalité et relève du fantasme
–, nulle part il n’est fait mention de la fraude des
entreprises qui représente pourtant 80 % de la fraude totale.
Le PCF et le Front de gauche proposent au
contraire de rétablir le remboursement intégral à 100 % des
dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale. Le financement
de la protection sociale à partir des cotisations sur
les salaires se fera avec une contribution sur les revenus financiers
des entreprises, des banques et des assurances.
S comme salaires
Marine Le Pen ne propose rien dans son programme…
renvoyer la femme au foyer
Marine Le Pen souhaite que l’IVG ne soit plus remboursée par
l’assurance maladie. Cela constituerait un retour en arrière
considérable, allant presque jusqu’à revenir avant la Loi Veil de
1975. Sur ce sujet, le FN propose un référendum visant à donner
à la vie un caractère sacré dès la conception. Autrement dit, c’est
une remise en cause pure et simple de la liberté de disposer de
son corps.
Un revenu parental d’éducation, autrefois appelé salaire
maternel, sera instauré. Sous prétexte de permettre
aux parents de se consacrer à l’éducation des enfants,
il s’attaque à l’indépendance que les femmes
ont acquise par le travail. Mais étant donné l’inégalité
des salaires et le poids des traditions, on sait bien
à quel parent reviendrait le devoir de rester au foyer !
D’ailleurs, c’est uniquement pour les femmes que sont prévus
les aménagements du temps de travail qui les contraignent à une
double journée de travail : et professionnelle et domestique.
Un statut pour les mères de familles françaises sera créé. Il s’agit
non pas de donner à l’ensemble des femmes, mariées ou célibataires,
avec ou sans enfants, des droits propres et individuels,
mais de leur donner des droits en fonction de leur rôle social
de mère de famille. Le programme du FN ne fait aucune place
aux femmes en tant qu’individus autonomes.
Quel est l’électorat du front national ?
L’électorat du FN comprend des électeurs d’extrême droite,
des déçus du sarkozisme mais également un électorat populaire.
Ce dernier, qui n’est pas l’essentiel du vote FN, est mû par la
peur du déclassement, de l’autre, du pauvre. L’autre n’est pas
forcément l’étranger, mais est perçu comme un concurrent. Les
récentes études d’opinion montrent qu’une part non négligeable
de la jeunesse est sensible au discours de Marine Le Pen.
Une thèse assénée régulièrement par la droite prétend
que l’électorat FN est l’ancien électorat communiste.
Si d’anciens électeurs communistes se sont reportés
sur le vote FN, le phénomène est assez limité et,
pour une très forte proportion de cet électorat,
cette « thèse » est erronée. Elle vise surtout à occulter
une réalité : celle de la porosité entre l’électorat
de droite et celui du FN.
Le déclin du PCF est antérieur à 1984, date à laquelle on observe
l’essor du Front national. Un électorat populaire de droite
a toujours existé sans qu’on puisse établir de corrélation avec
celui du PCF. Par ailleurs, les déçus du communisme se sont majoritairement
reportés sur le Parti socialiste ou sur l’abstention.
Enfin, la remontée de l’influence du PCF depuis la mise en place
du Front de gauche s’effectue simultanément à celle de Marine
Le Pen et du FN aux dernières élections.
Conclusion
Nous voulons montrer le vrai visage de Marine
le Pen et de son programme. Celui d’une
extrême droite qui tente de se rendre fréquentable,
mais qui n’a rien cédé sur le plan
des idées.
Pour y parvenir, il faut éviter quelques pièges.
Le réflexe démocratique et la diabolisation
historique ont fonctionné par le passé pour
dresser un «cordon sanitaire» autour du FN.
Mais aujourd’hui, cela n’est plus suffisant. La
banalisation des idées du FN, nécessite de
prendre l’offensive idéologique.
Notre ambition, avec le Front de gauche, c’est
d’ouvrir une perspective à gauche, pour une
véritable alternative. Pour y parvenir, il nous
nous faut impérativement regagner la bataille
des idées. La lutte contre celles sur lesquelles
le FN tente de prospérer est une priorité.