Bonjour à tous
Je vous écris ça pour me libérer, pour dire ce que j'ai sur le cœur, confier et partager un petit bout de ma vie.
Je rappelle que je suis un garçon de 15 ans, en seconde. Je n'ai jamais eu de copine. Personne ne m'a jamais déclaré son amour, j'en conclus que c'est parce que personne n'en avait. Moi, par contre, j'en avais...
J'en ai d'abord eu en CM1, une nouvelle dans la classe. On ne se parlait pas, mais je la trouvais belle et drôle. Je lui ai dis en CM2 (OMG!), et j'ai pris le premier râteau de ma vie, quand elle m'a crié de "lui foutre la paix et d'arrêter de la faire chier", selon ses propres termes. Bien sûr ça m'a pas mal remué, mais ensuite, arrivée au collège, nouvelles personnes, quelques amis...
Et puis en 5e, une autre fille. On discute, elle est sympa, à l'époque je m'intéressais pas mal à tout ce qui touchait à la physique, les atomes, les protons, électrons, la mécanique quantique, l'Univers, la matière noire, etc... Je lui en parle, elle m'emprunte des magazines de vulgarisation dessus... On s'entend bien et à la fin de l'année je lui donne un petit poème avec pour thème la physique, pour lui déclarer mes sentiments. Je ne l'ai revue qu'à la rentrée, et elle ne m'a plus adressé la parole pendant plus de 2 ans. Je me suis rendu compte plus tard que j'étais en fait seul pendant toute cette année et que passer ses récrés et le temps du midi à lire seul ou à discuter avec des surveillants était marginal.
4e, rebelotte, fall in love, une fille gentille que je ne connaissais pas très bien. Je lui écris un assez long poème, que je signe d'un pseudonyme. Bien sûr, j'étais dans la classe le seul abruti prêt à écrire ce genre de choses, alors tout le monde me démasque mais je nie. Puis deuxième poème, là on commence à m'exclure, mais je me borne. Je récupère son adresse MSN, j'en fais une autre avec mon pseudonyme, elle me bloque, je parle avec une amie à elle. Et enfin, troisième poème, là j'ai plus d'amis, tout le monde se moque de moi en permanence... Et j'avoue tout pendant un voyage en Angleterre. Sans aucun espoir ni désillusion, je prends bien sûr mon troisième râteau, et je me traîne à l'écart de tous pendant deux mois jusqu'aux vacances d'été.
C'est là que je prends conscience que je suis moche, coincé, mal fringué, hyper timide et pathétique. Je change alors mon "style" vestimentaire toujours beige pour un jean et une chemise, et je laisse pousser mes cheveux pour en finir avec cette coupe au bol. J'arrive en troisième frais, moins timide, plus sûr de moi.
Je m'éprends évidemment d'une autre fille. Là on sympathise vraiment, on a le même cercle d'amis, on passe nos récrés et midis ensemble avec nos amis... Et je finis par lui dire, même si j'étais assez certain de ne rien avoir. Et là, elle ne répond rien. Je le lui redis, et elle répond qu'elle s'en fout, et que ça ne change rien. Râteau donc, mais sans coupure ni insultes ! J'en ressors presque content.
Puis arrivée au lycée, je me rends compte que la fille que je viens tout juste d'oublier prend un malin plaisir à me démonter dans mon dos devant tous mes amis. Et notamment une jeune fille très très gentille dont, évidemment, je tombe amoureux, dès septembre. Le temps passe, un ami commun m'assure que mes sentiments sont réciproques, un autre me dit d'attendre qu'elle vienne d'elle-même. Je choisis d'écouter celui-ci. J'ai bien fait : en novembre "l'ami commun" s'excuse et m'informe qu'il s'est trompé et que non, elle n'est pas amoureuse de moi. Je suis triste pendant plus d'1 mois non-stop, sans qu'elle le sache, et finalement aux vacances de Noël je lui glisse à l'oreille "Je t'aime", au cinéma, devant Avatar. Elle ne dit rien. C'est moi qui vient lui en parler le soir-même sur MSN. Et devinez quoi ? Râteau. "mon cœur ne veut plus d'amour", me dit-elle. Ma tristesse se mue en déprime et quelque jours plus tard, elle m'avoue être en couple. Son cœur ne veut plus d'amour, hein ? Blessé, je passe mes journées à pleurer, écrire des chansons et des poèmes sombres, à avoir des idées noires... Puis je commence à abuser d'un médicament au soufre, il faut inspirer 1 seconde dans chaque narine, j'en passe à 5 chacune, ça me fait planer et ça m'évite de pleurer pendant quelques heures... Je passe quand même le nouvel an en larmes, shooté au soufre trois fois dans la même journée, mais en larmes quand même... L'ami qui me conseillait d'attendre réussi à me faire arrêter cette saloperie, et je décroche du soufre et de la fille. Je la déteste. Mais depuis je reste fragile. Je ne peux être heureux une semaine complète. Et puis je commence à remarquer une autre fille, que je connais depuis le primaire mais à qui je ne me suis jamais vraiment intéressé... Je me rapproche d'elle, certes sans discrétion, et bientôt sont sûrs de mes sentiments, à part elle. Elle me rappelle quand même par SMS que nous sommes juste amis et ça me fait déjà chaud au cœur. Elle me fait oublier la tristesse de Noël... Je deviens vite son meilleur ami, elle me confie ses problèmes, moi les miens. Puis une garce me balance. Je prends un râteau par SMS : "je suis vraiment désolée... Je t'aime beaucoup ". Le surlendemain, elle me reproche de lui avoir menti sur des confidences que je lui ai faites. Elle dit en avoir marre de moi, des mes mensonges, que je me foute de sa gueule. Tout ça par SMS. Je n'y comprends rien, je panique, je suffoque, hyperventilation, je ne tiens plus debout, je me roule en position fœtale par terre, tremblant, pleurant, gémissant, en respirant très très fort, et ma vue se trouble... Je me traîne jusqu'à ma bouteille de soufre et j'en prends beaucoup. Je m'apaise en quelques minutes, en sachant que je ne devrais pas. Depuis elle s'est excusée, et nous sommes redevenus amis. Plus amis qu'avant même. Nous sommes particulièrement proches, et elle m'a expliqué que ce n'est pas de ma faute si nous ne sommes pas ensemble, que depuis qu'elle a eu une mésaventure elle a du mal à différencier une très profonde amitié de l'amour. Je lui réponds que je comprends, que j'accepte et que je serais son ami. Mais j'ai espoir qu'elle veuille tenter de sortir avec moi.
Voilà mon histoire, désolé pour la longueur, je ne sais pas écrire autrement. Bravo à ceux qui ont tenu jusqu'au bout

Je précise aussi que j'ai découvert à 6 ans que je suis surdoué, et que c'est pour cela que je suis resté très refermé, timide jusqu'à peu, et que je suis hypersensible. Je vois ça autant comme une chance que comme une maladie.
J'aimerais avoir votre avis sur le petit morceau de ma vie que je viens de partager avec vous, et je suis ouvert à tous les conseils
Bizoux
SW
"If the doors of perception were cleansed, everything would appear at man as it is : infinite" William Blake