Des témoignages de prof sur un forum d'adolescent, cela peut paraître une sorte de provocation, mais à la veille de la rentrée, je pense que cela est nécessaire. Le boulot de prof est un casse tête pas possible, surtout pour les tout jeunes qui ont tout juste leur diplôme de prof à la main.
Mais nous en tant qu'élève, ne sommes nous pas simplement les loups qui dévorent notre proie en la poussant à bout ? Car certains prof vont jusqu'au suicide, hélas.
Allez remettons nous en question quelque minutes, bien que demain nous serons peut être repartie pour répondre des insanités à cet emmerdeur qui nous ennuie pendant une heure.
Pour la première fois, les nouveaux professeurs fraîchement reçus au Capes ou à l'agrégation commenceront leur carrière sans avoir reçu de formation pédagogique initiale. Certains n'ont toujours pas de tuteurs, enseignants expérimentés censés les accompagner tout au long de l'année pour pallier leur manque d'expérience. D'autres découvrent à la dernière minute leur affectation. Ils témoignent de leur angoisse pour le Monde.fr.Une rentrée dans le flou, par M. C.Après avoir passé deux ans à préparer l'agrégation, à étudier Shakespeare et les plus grands classiques de la littérature anglaise, à analyser la grammaire dans ses plus infimes détails, et à avaler des dizaines de dates, nous voilà propulsés à temps plein devant une classe (en l'occurrence des terminales) sans que personne ne nous ait jamais appris à gérer un groupe de 35 adolescents, ni même à préparer un cours. La réalité dans les lycées et collèges est totalement déconnectée de celle de ces concours d'excellence, et nous sommes donc les victimes de cette réforme.
L'IUFM va nous dispenser une journée de formation par mois à partir du mois de novembre, qui toutefois resteront très théoriques. Heureusement, nous serons accompagnés par des tuteurs tout au long de l'année, mais les faits sont là : à la veille de la rentrée, la plupart de mes collègues stagiaires se sentent angoissés face à ces nouvelles responsabilités.
Rentrée dans l'arène, par Violaine J.Bien que mon académie semble tout faire pour que les stagiaires soient accompagnés, personnellement je n'ai toujours pas de tuteur. La rentrée approche, et comment savoir ce que je dois faire lors de mon premier cours, ou comment réagir vis-à-vis des élèves si personne n'est là pour m'aider ? Après une rencontre avec le principal du collège, je suis un peu rassurée, mais j'appréhende tout de même le moment où je vais entrer dans "ma" classe. Sans tuteur, sans formation, je vais devoir, jeudi prochain, affronter une classe tel le gladiateur, sans filet, face aux fauves.
Une rentrée dans le flou, par M. C.Pour que les profanes comprennent bien ce qui se passe cette année concernant la formation des enseignants, je ferai un parallèle avec la formation que reçoit tout nouvel employé d'un célèbre vendeur de hamburgers américain.
L'éducation nationale est censée vous former à votre futur métier d'enseignant. Mais la réalité est tout autre.
En gros, c'est comme si vous aviez reçu une formation de cuisinier chez McDo, et qu'on vous demandait une fois sur le terrain, d'élaborer de la grande cuisine, avec des produits parfois périmés, des ingrédients de basse qualité, de la vaisselle dépareillée. Non content d'avoir produit cette nourriture, il faudrait la faire avaler à des clients trop nombreux dont bon nombre seraient anorexiques forcés de venir dans votre restaurant et d'y rester six heures par jour.
Là-dessus, viendraient s'ajouter les visites régulières et inquisitrices des inspecteurs du Guide Michelin, qui, horrifiés, s'étonneraient que j'emploie du bœuf aux hormones d'origine douteuse et pas du charolais label rouge.