par Absynthe_Disturbed » Mer 29 Juin 2011 19:12
La merveilleuse nouvelle vient de tomber sur toutes les chaines de France Télévision ! Les deux journalistes ainsi que leurs accompagnateurs viennent d'être libérés et arriveront demain matin à Paris !

Standing Ovation à l'Assemblée nationale :
Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière avaient été capturés en décembre 2009 dans la vallée de Kapisa, en Afghanistan. Libérés ce mercredi, ils sont attendus en France jeudi.Les deux journalistes français sont libres, après un an et demi de captivité. Dans quelles conditions les négociations ont-elles eu lieu et quel a pu être le déclic?
Enfin libres! Les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, auront passé un an et demi en captivité, en Afghanistan. Ils ont été "récupérés" dans la région de Kapisa, où ils avaient été enlevés, selon un responsable de l'ambassade de France à Kaboul. Ils sont attendus ce jeudi matin en France.
Mais après la joie de cette annonce, ce mercredi après-midi, affleurent déjà les questions sur les négociations, longues et complexes, et sur les conditions de cette issue heureuse.
Quel contact avec les ravisseurs?
Les agents de la Direction générale de sécurité extérieure (DGSE), en charge du dossier, obtenaient des nouvelles des deux otages, au moins indirectement et par intermittence. Au printemps dernier, ils ont ainsi appris que l'un d'eux avait été malade et avait pu voir un médecin local.
A plusieurs reprises, grâce à des renseignements recueillis auprès des habitants et par des moyens techniques, les services français ont parfois eu connaissance de leur lieu de détention. Mais celui-ci a changé à plusieurs reprises. Les deux reporters n'auraient pas non passé toute leur captivité ensemble, ils auraient été séparés à un moment avant d'être réunis en octobre dernier.
Leurs ravisseurs n'ont pas non plus toujours été les mêmes: les deux journalistes ont été aux mains d'au moins deux groupes successifs de talibans locaux. Ils étaient actuellement détenus par des hommes de Qari Baryal, le chef taliban de la région, soupçonné d'être impliqué dans l'embuscade d'août 2008 qui a coûté la vie à dix soldats français, indique un commandant taliban à Paris Match.
Plusieurs espoirs déçus
Aux premiers jours de l'enlèvement, un plan d'intervention avait été proposé par les forces spéciales françaises. Il n'a finalement pas été retenu par l'Elysée car jugé trop dangereux, en raison de l'environnement hostile et montagneux de la vallée de la Kapisa. "C'est une région incontrôlable" où l'on trouve "une multitude de petits commandants locaux attirés par le pouvoir et l'argent autant que par la guerre sainte", affirmait récemment un diplomate en poste à Kaboul à notre correspondant à Islamabad.
La DGSE a toujours fait valoir que les deux journalistes n'étaient pas aux mains d'Al Qaeda mais de talibans locaux qui n'ont pas souhaité - ou pas pu - exfiltrer les captifs. Un départ pour la zone pakistano-afghane, directement sous l'influence d'Al Qaeda, était jugé autrement plus dangereux.
Enfin, l'hypothèse d'une libération en échange de l'élargissement de chefs talibans détenus par le régime de Kaboul a été envisagée mais Paris s'est heurté à l'attitude des autorités locales mobilisées sur bien d'autres dossiers que le sort des deux reporters français. Et l'hiver dernier, une opportunité aurait été repoussée à cause de mauvaises conditions climatiques, la neige isolant les villages de montagne.
Les autorités françaises se sont pourtant toujours montrées optimistes, allant jusqu'à annoncer leur libération imminente à plusieurs reprises. En février 2010, Nicolas Sarkozy assure que les deux otages "sont en marche vers nous". Il a parlé trop vite. Puis en septembre 2010, l'amiral Guillaud, chef d'état-major des armées françaises promet leur retour pour Noël, un an pile après leur capture. Mais le 25 décembre, leurs familles "blasées" passent les fêtes sans eux.
D'où est venu le déclic?
Faut-il voir plus qu'un hasard du calendrier entre cette libération et l'annonce, la semaine dernière, du retrait progressif d'une partie des troupes françaises d'Afghanistan? "Ce serait une sottise" d'établir un lien direct entre les deux éléments, estime sur iTélé Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, en déplacement dans ce pays au moment où les deux reporters étaient enlevés.
Une rançon, exigée par les ravisseurs, a-t-elle été versée? BFM TV évoque ce mercredi une enveloppe de "plusieurs millions d'euros". Une hypothèse écartée par l'actuel ministre de la Défense, Gérard Longuet, et par l'Elysée.
"Cela fait plus d'un semestre que les conditions de libération ont été réunies. Dans le système compliqué des talibans, ceux qui détenaient les otages voulaient les libérer mais ils attendaient le feu vert de ceux qui étaient en dehors du théâtre direct des opérations", déclare Gérard Longuet, dans une interview au Monde.fr, évoquant des "divergences" entre ces deux niveaux.
En effet, pour les services français, mobilisés à Kaboul (où ils furent jusqu'à une centaine) et dans la salle de crise de la caserne Mortier, à Paris, la clef se trouvait à la choura de Quetta au Pakistan, une assemblée de notables talibans, dirigeant l'insurrection et menée par le mollah Omar. A condition de trouver un interlocuteur fiable ce qui n'a pas été chose aisée. Plusieurs chefs locaux ont été approchés mais certains ont fait défection au dernier moment, retardant l'échéance d'une libération.
Puis en avril, Libération annonce que "les services français estiment désormais disposer d'un interlocuteur fiable". Mi-juin, les négociateurs disent avoir "bon espoir", notant que seuls des désaccords entre les ravisseurs et d'autres groupes rebelles de la zone restent à lever. Un relatif optimisme qui sera cette fois-ci justifié.
Article venant du site de l'EXPRESS
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