Salut à toi un_kiwi.
J'étais moi-même il y a une bonne année, encore un nolife. J'entends par ce mot: en vacs, jouer 16h+/jours et ça durant un mois et dès que je pouvais en rentrant des cours. Je jouais à WoW.
Cette addiction a perduré environ 5 années.
Au départ, je sortais de temps en temps pour faire des foots entre potes ou quoi. Après avoir goûté à ce jeu et en subissant l'addiction, je leur mentais, simulant parfois d'être malade pour jouer.
A un tel moment, j'étais tellement addict que je ne voulais plus partir en vacances car le peu de jours sans ma dose me rendant dingue au plus haut point.. Je sortais des cours, j'étais vraiment heureux d'aller prendre ma dose, un peu comme un tox qui va pour son gramme. J'avais très peu d'amis geek des jeux-vidéos mais j'en avais, du coup pendant environ 3ans, on ne parlait que de ça. Je fais du tennis et il m'arrivait très fréquemment de sécher ces cours pour être sur l'ordinateur.
On avait même eu l'étiquette de "nolife". Ça empiétait sur les cours, et ma moyenne chutait de trimestres en trimestres. Il m'est même arrivé de sécher pour jouer (mais de très rares fois quand même).
En clair j'étais pris dans le piège infernal: une vie sociale d'un fil forcé par les cours et le reste de ma vie c'était le jeu. J'étais conditionné à ce qu'un problème d'un membre pour un rendez-vous dans le jeu était autant contraignant qu'un autre problème. Et ce cercle infernal est très vicieux: tu te lasses mais la majorité de tes"amis" étaient dans le jeu. Tu veux t'en sortir avec l'étiquette de nolife ? T'es piégé..
Et puis un jour, je me suis levé et me suis dis que j'en pouvais plus. J'ai commencé à m'intéresser aux autres choses. Traîner avec des potes de ma classe. Mais très honnêtement au début c'est très dure, tu n'as aucun centre de conversation. Ensuite j'ai franchi les petits échelons en sortant, entretenir le peu de liens et tout ça avec ce bout d'étiquette collée à mon dos. Ensuite j'ai vraiment essayé de m'investir dans les petits liens en voyant des potes le week-end. Puis en sortant, je suis sorti avec une fille où je suis presque tombé amoureux (le genre de fille qui vous plaît physiquement et le fait d'être avec et faire toutes les choses qu'on peut faire en couple, rapproche vraiment beaucoup). Et là avec, on sortait en pubs, mes premières boîtes avec son frère qui avait le permis. J'ai pu rencontré d'autres gens et me suis forcé à vraiment y mettre du mien. Au final avec cette fille, je désertais de + en + le PC car chaque weekends on se voyait du vendredi soir au dimanche fin de soirée non-stop. D'autant + qu'elle était dans mon lycée.
Et au fur et à mesure, l'addiction diminuait jusqu'à l'oublier. 4 mois après on s'est séparé. Ensuite pour ne pas refaire l'erreur je me suis décidé à jouer à Call of Duty lors de mes temps morts chez moi (le temps mort où une personne non addict joue chez elle). Ce type de jeu peut rendre accro mais je pense, moins que WoW où le temps c'est du stuff (=équipement).
=> Cela dit à travers ces années, avec WoW (jeux-vidéo) j'ai pu rencontré à diverses reprises les joueurs "amis" en réel. Comme chaque chose dans la vie, cette vie d'addiction m'a appris des choses, sur les gens qui dénigrent facilement les nolifes, sur moi-même et le fait d'avoir la chance unique de voir des gens très dispersés mais très cools et sympathiques.
=> Pour finir, je dirais que pour stoper une addiction aux jeux, il te faut un élément déclencheur (une fille ou quoi) et il te faut te lasser du jeu. Tu peux toujours arrêter par toi-même mais tu pourras facilement sombrer de nouveau. Arrêter c'est bien, tenir c'est mieux.

Très concrètement, il faut prendre du recule, calculer tes heures passées dessus et te dire que faire si le jeu s'arrête. N'hésite pas à en parler de ton addiction, même avec d'autres joueurs accro comme toi.
Je pense que les gens extérieurs qui jugent les nolifes et les dénigrent ne savent pas exactement car ils n'ont pas cette addiction. C'est comme la clope, si tu ne fûmes pas: tu trouves con de claquer près de 6e par jour pour choper le cancer.. Il ne faut pas s'arrêter là et essayer de vraiment comprendre avec de l'indulgence.
Et selon moi, arrêter progressivement n'est pas la solution si tu n'as pas d'éléments perturbateurs dans ta vie ou un profond sentiment de lassitude.
Le fait que tu en prends conscience et que tu veuilles en sortir est déjà un grand pas, il te manque l'autre. Chaque étape a sa difficulté mais crois-moi, si tu te reconvertis tu ne regretteras pas et tu vas kiffer !
Bon courage et bonne chance.
